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Accroître l’employabilité des jeunes

ACCROîTRE L’EMPLOYABILITE DES JEUNES

La question de l’employabilité des jeunes a retenu l’attention des étudiants, ce 30 juin à l’institut de formation et de recherche pour le développement durable (IFORDD) où le directeur général de l’ANPE, M.Edmond Comlan AMOUSSOU et M. Victor Kodjo TOULASSI du cabinet Spiral Development, ont animé une conférence sur le thème : «stratégies de renforcement de capacités des jeunes en vue de leur employabilité ». Les échanges ont surtout porté sur les mécanismes et les chances d’immersion des jeunes sur le marché du travail.

Dans de nombreux pays, les jeunes sont près de trois fois plus exposés au chômage que les adultes, et le problème s’est aggravé ces dernières années en raison de la crise économique et financière et de la détérioration subséquente du marché du travail. A travers le monde, quelque 75 millions de jeunes sont sans emploi. Si la tendance actuelle devrait se poursuivre, les perspectives déjà peu souriantes et les aspirations des jeunes risquent encore de se dégrader, ce qui pourrait réduire encore plus les potentialités économiques globales et saper la cohésion sociale.

Au Togo, on estime que, chaque année, 10 000 diplômés entrent sur le marché du travail.

Ceux-ci à défaut de réussir à s’insérer dans un emploi qui leur offre des conditions décentes se tournent vers des emplois précaires où ils sont sous-employés. Les données de l’enquête QUIBB de 2015 indique un taux de chômage de 3,4% et un taux de sous-emploi de 24,9% au sein de la population occupée. Les arguments régulièrement avancés par les experts pour expliquer cette situation sont le manque de dynamisme de l’économie, l’inadéquation des compétences aux besoins de l’économie, la faible capacité entrepreneuriale chez les jeunes etc. Face à cette réalité, il s’installe chez les jeunes la frustration, le désarroi, l’inquiétude, la peur de l’avenir. Il est donc plus qu’urgent de mettre en œuvre des mécanismes pour redonner à la jeunesse, l’espoir d’une vie épanouie.

La problématique de l’emploi des jeunes demeure une préoccupation nationale et c’est dans cette optique que le directeur général de l’ANPE, M.Edmond Comlan AMOUSSOU a échangé avec des étudiants de l’IFFORD sur le thème : «stratégies de renforcement de capacités des jeunes en vue de leur employabilité ».

Dans l’exposé qu’il a co-animé avec M.Victor Kodjo TOULASSI du cabinet spiral development, le directeur général de l’ANPE, a indiqué que des dispositifs ont été mis en place par les pouvoirs publics pour rendre la jeunesse togolaise plus employable. Au nombre de ces dispositifs figurent des projets et programmes tels que : le Programme d’appui à l’insertion et au développement de l’embauche (AIDE) pour permettre aux jeunes demandeurs d’emploi qui arrivent pour la première fois sur le marché du travail, d’acquérir des compétences auprès des entreprises privées ;Le Projet d’appui à l’insertion professionnelle des jeunes artisans (PAIPJA) pour la promotion et l’encouragement de l’auto-emploi des jeunes diplômés de la formation professionnelle ; Le Programme d’appui au développement à la base (PRADEB), pour la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes ;Le projet de Soutien aux Microprojets Communautaires (PSMICO) ;Le Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) ;Le Projet National de promotion de l’entrepreneurial rural (PNPR) ;Le programme « formation professionnelle et emploi des jeunes (ProFoPEJ) pour contribuer à l’amélioration de la qualité de la formation professionnelle formelle et non-formelle et la promotion de l’emploi des jeunes etc.. Il a aussi indiqué qu’en dehors de ces projets et programmes, des structures ont été mises en place pour accompagner les jeunes entrepreneurs dans l’élaboration et la concrétisation de leur projet. Il s’agit entre autres du Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) ;du Fonds d’insertion pour les jeunes (FIJ) ; de l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement pour les PME/PMI (ANPGF) ;et de l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB).

Les orateurs ont aussi indiqué que les opportunités d’emploi sont largement inférieures à la demande. Selon eux, Il faut renforcer les stratégies existantes ou en créer d’autres pour faire efficacement face à la problématique de l’emploi des jeunes. C’est pourquoi ils préconisent :

  • La mise en place des projets et programmes de reconversion ou d’adaptation

Il s’agit de recenser les jeunes détenteurs des diplômes à difficultés d’insertion et de les renforcer pour d’autres métiers.

  • La gestion prospective et prévisionnelle des métiers et compétences

Dans un contexte de crise où l’incertitude plane sur l’emploi et où les métiers sont en pleine mutation, il est question de penser au renforcement de capacités des jeunes pour les emplois futurs. Il est en vue des études sur les besoins en compétences dans les secteurs porteurs tels que l’agriculture, les BTP, le tourisme, l’économie verte et le secteur maritime etc.

Les investissements actuels de l’Etat dans les infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires, l’économie numérique, l’agriculture, le tourisme, les mines, l’énergie etc. génèrent et vont générer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects qualifiés.

Il s’agit donc de tenir compte de ces évolutions dans l’offre de formation.

  • La promotion de la culture entrepreneuriale

L’entrepreneuriat reste une solution incontournable à l’emploi des jeunes. Il est donc important d’insuffler le goût d’entreprendre aux élèves et étudiants en les dotant des compétences et connaissances entrepreneuriales dès le bas âge. C’est l’éveil entrepreneurial qui prépare le jeune à prendre des risques en matière de création d’entreprise.

  • Le développement d’un cadre de partenariat entre les structures de formation et les entreprises

Les entreprises et les centres de formation sont des acteurs qui sont appelés nécessairement à coopérer pour résoudre le problème de l’adéquation emploi – formation.

Pour ce faire, un cadre de partenariat doit exister entre les structures de formation et les entreprises pour faciliter l’insertion des jeunes dans le tissu économique.

A la suite de la séance des questions -réponses les orateurs ont assuré que la solution à la problématique de l’emploi des jeunes nécessite le renforcement du partenariat public/privé.

« Il faut intensifier les projets et programmes en cours, renforcer les dispositifs d’orientation scolaire et professionnelle  et d’informations sur le marché du travail et améliorer le climat des affaires » a conclu M.Edmond Comlan AMOUSSOU.

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